La Casamance ne manque pas d'attrait et reste trés attachante pour qui la visite.


Plage de Carabane en Casamance sous les palmiersDestination touristique par excellence à moins de 6h de vol de Paris la région offre :

La douceur de son climat, l'océan et ses plages magnifiques pour le tourisme balnéaire et les activités nautiques.

La beauté de ses paysages et de ses bolongs, la luxuriance de sa végétation et la richesse de sa faune pour les excursions et la pêche sportive.

La richesse du patrimoine traditionnel Diola, préservé et authentique, l'originalité architecturale de l'habitat, les cases à impluvium et à étages, pour le tourisme culturel.

Mais aussi la gentillesse des gens et la Katinang, l'hospitalité des Diolas.



La réforme territoriale de 1984 a scindé la Casamance en deux régions administratives, la région de Kolda à l’est et la région de Ziguinchor, la Basse Casamance, à l’ouest.


Pirogue casamançaise à Elinkine
La Basse Casamance possède une gamme très variée d'établissements touristiques, hôtels, villages de vacances et camps de pêche.

Mais aussi les campements villageois très développés dans le milieu rural qui permettent une meilleure connaissance de la culture et des traditions locales. Les bénéfices de ces campements servent au développement des villages à Oussouye, Enampore, Affiniam, Coubalan, Baïla.




A voir et à visiter en Basse Casamance


Carte de la Basse Casamance
La région balnéaire de Cap Skirring et Kabrousse Ziguinchor chef lieu de la Basse Casamance Oussouye capitale du Kassa Enampore, Séléki et les cases à impluvium Carabane et les îles de l'estuaire du fleuve Casamance M'Lomp et ses cases à étages Village de pêcheurs de Elinkine Kafountine et la Presqu'île des Oiseaux

Sur la façade maritime de la Gambie à la Guinée-Bissau

l'on appréciera les immenses plages de sable fin

baignées par une mer chaude toute l'année,


ombragées par les cocotiers et caressées par les alizés.


Tout au sud les plages de la station balnéaire de Cap Skirring

sont considérées comme les plus belles plages de l'Afrique de l'Ouest.



Pélicans blancs, Pelecanus onocrotalus
La mangrove qui borde le littoral et

le fleuve Casamance s'étend sur 70.000 ha.

A l'embouchure du fleuve, le réseau

de bolongs (marigots) et la mangrove

constituent de multiples îles dans l'estuaire salé,

permettant de sillonner tout l'arrière-pays

en pirogue pour découvrir sa végétation

luxuriante, baobabs, fromagers, palmiers,

eucalyptus, manguiers, papayers, palétuviers,

flamboyants, bougainvillées …

Et observer les pélicans, flamants roses, hérons,

cormorans, aigrettes … Les singes des palétuviers, galagos, colobes …



Les multiples bolongs autour de l'île de Carabane sont très poissonneux avec d'innombrables

carangues, capitaines, barracudas, otholites, carpes rouges et autres espèces qui font de la Casamance un lieu

de rêve pour toutes les pêches, à soutenir, surf casting, palangrotte, traîne …



Bolongs du fleuve Casamance

L'hiver au Sénégal

la panoplie parfaite de "l'hiverneuse" au Sénégal, c'est plutôt masque-tuba-palmes-ciré que

petite robe à fleurs-crème solaire-maillot de bain-lunettes de soleil!!!

Alors au juste, c'est quoi ce qu'on appelle ce fameux hivernage?

Saison humide, saison des pluies...appelez ça comme vous voulez,

l'hivernage c'est le Sénégal qui revit après plusieurs mois de sécheresse:

la végétation exulte, la terre respire, les plaines verdissent...parce qu'il pleut...

et beaucoup! Ces dernières années très irrégulières en pluie vont vite être

oubliées avec un hiver 2008 de toute beauté! Aline n'est pas contente...

mais le Sénégalais jubile, les pépinières de riz offrent une bouffée de

chlorophylle et les rizières sont presque prêtes pour accueillir les jeunes

pousses! Et ces orages alors...dantesques je vous dis, dantesques...

heureusement que ma peur ancestrale de cet évènement naturel n'est

plus qu'un lointain souvenir car ici, tout se fait en grand: il peut pleuvoir

pendant des heures et des heures mais une pluie diluvienne à ne pas

mettre un Sénégalais dehors, les éclairs peuvent zébrer le ciel également

pendant des heures, spectacle magnifique je dois dire et puis alors,

je ne vous parle pas des coups de tonnerre...la foudre ne doit jamais

tomber bien loin d'ici car pour claquer ça claque très très fort à m'en

faire hérisser les poils!!! Des orages comme vous en avez jamais vu,

jamais entendu...

Mais je vous rassure, les femmes ont  de quoi entretenir leur bronzage

de star avec

de superbes journées ensoleillées où l'on saute alors dès le matin dans

son maillot de bain afin de tremper vos doigts de pieds dans une eau très

chaude! Un régal...à cette température, et...il est déjà 18 heures, l'heure

préférée du moustique!

Ah, le moustique Sénégalais! Qui dit hivernage, dit pluie, dit moustiques,

dit Anophèles, dit femelles...dit paludisme! Le guide du Routard est rassurant:

le paludisme le plus fréquent au Sénégal est celui qui tue...mais au cas où on

en réchappe...il ne reste pas longtemps dans l'organisme!!! Ouf, une bonne nouvelle!

Alors, Quid du moustique Sénégalais? Un, il déjeune à tout heure sur votre corps

bien bronzé, matin, 10 heures, midi, tea-time, 4 heures, apéro...à n'importe quel

moment de la journée, le moustique veille et attend sa proie! Deux, il opère en

silence, franchement, c'est un moustique que je trouve donc extrêmement

silencieux et il est très facile de se retrouver cloquer de la tête aux pieds

sans rien avoir vu venir! Trois, on est au Sénégal...donc le moustique à

cette période est...gris-noir et plutôt petit!!! Parades contre

le moustique? Moustiquaire, ventilateur...bon, quand on décide d'aller

manger un bout à l'extérieur, ce n'est pas très discret...alors ne jamais

oublier sa bombe miracle et la parfaite panoplie, cette fois, du protège

moustique: chaussettes, pantalons, manches longues...casque, gants,

rien, rien, vous ne devez rien laisser dépasser qui puisse aiguiser

l'appétit de la femelle tueuse! On vit dangereusement au Sénégal...

 

La foule converge vers Baïla
Démonstration de bravoure des anciens
Masques rituels et colliers multicolores
Les futurs initiés après le rasage

Le boukout (ou bukut ou futampaf) est un rite d’initiation diola pratiqué en Basse-Casamance (Sénégal).

L’origine

L’existence de ce rite est connu depuis le XIIe siècle. De fait, avant l’ère de la colonisation, c’était la seule école de formation, un enseignement à la fois généraliste et spécifique préparant le jeune homme à prendre sa place dans la société, mais aussi à la défendre.

Les enjeux

Organisée par les Anciens qui détiennent le pouvoir sur les villageois et contrôlent tous les moyens de production, la cérémonie permet à une nouvelle classe d’âge d’accéder à l’indépendance politique, économique et religieuse. Tant qu’ils n’auront pas satisfait à cette exigence, les jeunes gens ne pourront ni se marier ni recevoir de la terre et s’excluent de fait de la communauté. Le non initié n’est pas considéré comme un homme. Les valeurs masculines s’en trouvent renforcées.

La cérémonie

Le temps d’attente est long, il peut s’écouler une vingtaine d’années entre deux cérémonies, voire beaucoup plus comme ce fut le cas à Baïla en août 2007, où la précédente édition s’était déroulée il y a 36 ans. La périodicité n’étant pas connue avec précision, il faut attendre que les sages annoncent l’événement, deux ou trois ans auparavant, après avoir constaté dans le village une série de phénomènes insolites qui constituent autant de signes.

Les préparatifs durent plusieurs jours, alors que futurs initiés, proches et habitants des villages voisins convergent en grand nombre vers le village. Les membres de la diaspora étant également concernés, ce rassemblement draine des centaines ou de milliers de personnes. L’événement s’accompagne de danses masquées et de diverses démonstrations de bravoure. Finalement les crânes des futurs initiés sont rasés.

Les épreuves initiatiques proprement dites se déroulent dans le bois sacré à l’abri des regards. Autrefois les jeunes gens y séjournaient plusieurs mois, mais cette durée a été raccourcie de manière significative. Ceux qui poursuivent des études peuvent n’y passer que quelques jours.

 

Dates pour 2009 9 juillet à Kabrousse, ne manquez pas cela !!!

 

Aline Sitoé Diatta, reine et prêtresse, héroïne de la résistance casamançaise

Née en 1920 à Kabrousse dans le quartier de Niolou, la fille de Silisia Diatta et d’Assonelo Diatta, est devenue le symbole de la résistance de la Casamance à toute forme de domination.

Avec la mort prématurée de son père elle sera prise en charge par son oncle paternel Elaballin Diatta. Très jeune, elle quitta son village pour aller travailler à Ziguinchor comme docker. Mais à cause des conditions de vie éprouvantes, elle va quitter la Casamance pour Dakar, où elle sera bonne à tout faire chez un colon du nom de Martinet, Régisseur des produits de base dans l’Ouest africain. Elle devait avoir 18 à 19 ans.

Pour certains elle eut sa première révélation en 1941 à Dakar, lui demandant de rentrer chez elle, d’où elle mènerait une lutte pour sauver le "Sénégal" du colon. D’autres sources précisent que c’est le 8 mars 1940, en se rendant au travail, qu’elle entendit une voix lui dire « Rentre chez toi, ou il t’arrivera malheur ».Mais elle n’a pas obtempéré. Au quatrième jour, à son réveil, elle constata qu’elle était paralysée. Elle sera ramenée en Casamance où la paralysie cessa dès son arrivée, mais elle en gardera des séquelles, notamment en boitillant.

Elle demanda à son peuple le refus catégorique de toute activité imposée par les colons (refus de payer l’impôt en espèces ou en nature, rejet de la culture d’arachide au détriment de celle du riz, recrutements/enrôlements pour la guerre) et engagea celui-ci sur le chemin de la résistance. En outre, elle disait aussi être porteuse d’un message divin qui consistait en un retour aux sources. Ainsi, elle réhabilita l’ancienne semaine diola des 6 jours (5 jours travaillés et repos le 6e jour), ordonna des sacrifices, de nouvelles formes de prières, une nouvelle religion traditionnelle.

Faiseuse de miracles

Une sécheresse s’étant abattue sur son village, la population lui demanda d’agir. Pour certains, c’est après une concentration, suivie de ses incantations que la pluie vint, et que la sécheresse fut balayée. Pour d’autres, c’est après le sacrifice de boeufs noirs que les pluies bienfaisantes arrosèrent les rizières desséchées.

Elle fut aussi capable d’accomplir des miracles. Elle commença par guérir des malades rien que par une imposition de mains. Cela s’était produit presque à son insu. Elle rendait visite à une famille et, miraculeusement, dès qu’elle tournait le dos, un homme ou une femme alités retrouvaient leur entrain grâce à la poignée de main d’Aline.

Son nom se répandit dans toute la région. De nombreuses délégations villageoises se rendirent à Kabrousse pour la rencontrer. L’audience de la prophétesse ne cessa de croître car, en plus des différents miracles qu’on lui attribuait, son message de respect pour les traditions, touchait tous les groupes ethniques, quelle que soit leur obédience religieuse. Et comme l’ancien Roi de Casamance était mort, et que son successeur ne pouvait être qu’une personne douée de pouvoirs surnaturels, on pria Aline Sittoé d’assumer la charge. "Elle fut sacrée reine" et beaucoup de monde venait en pèlerinage, ou pour faire les sacrifices qu’elle réclamait en vue du pardon divin (ou pour que la pluie tombe, etc.).

Rebelle et insoumise

Devant le nombre de plus en plus important de gens qui venaient en "pèlerinage" ou qui se réclamaient de ses "idées" ou qui désobéissaient aux toubabs, les colons sentant le danger grandir de plus en plus, se lancèrent à sa recherche... L’administration coloniale décréta qu’elle était rebelle et insoumise, qu’elle prônait une insurrection rampante, qu’elle s’opposait à la France et qu’elle était à abattre. C’est ainsi que les soldats arrivèrent un jour où elle était en règles "menstruelles" (chez les diola, les règles sont considérées comme impures et la femme en règles doit, entre autres, quitter son domicile pour aller dormir dans un lieu réservé à cet effet). Ils tirèrent sur ceux qui se trouvaient dans les alentours tuant une femme qu’ils prenaient pour Aline Sitoé, (sa coépouse nous dit-on). Le lendemain, pour éviter que d’autres innocents furent tués, elle alla elle-même se présenter aux colons.

Aline Sitoé Diatta fut arrêtée, le 8 mai 1943. On mit aussi son mari aux arrêts. Il sera libéré des années plus tard. La Reine-prêtresse de Kabrousse alla d’une prison à l’autre au Sénégal et en Gambie et finalement fut déportée à Tombouctou, au Mali, où elle sera déclarée morte en 1944. Elle a probablement succombé aux brimades, aux tortures aux privations de nourriture et au refus de la soigner lorsqu’elle tombait malade.


Source

Extrait d’une communication de Fatou Sarr, chercheure à l’Ifan, Université Cheik Anta Diop, directrice du Laboratoire genre et recherche scientifique, faite au Musée de la femme de Gorée le 3 février 2007 : De Ndaté Yalla à Aline Sitoé : un siècle de résistance. www.sengenre-ucad.org

Aline Sitoé Diatta a donné son nom au nouveau ferry qui relie Dakar à Ziguinchor.

 

 
Les Mangroves en Basse-Casamance


Les principales zones forestières de Basse-Casamance

La Basse-Casamance contient la majeure partie des ressources forestières du pays

Types de végétation - Flore

La région de Ziguinchor fait partie du domaine biogéographique subguinéen. Ce dernier est juste limité à la Basse-Casamance au Sénégal, ce qui est dû au climat particulier de la région.
La Flore sénégalaise est riche de 2.500 espèces. Parmi celles-ci, la région de Ziguinchor en totalise 1.150 à elle seule. Contrairement à la faune qui ne possède aucune espèce endémique, la Casamance possède 7 espèces végétales endémiques.
La région compte 30 forêts classées couvrant une superficie de 116.776 ha. Celles-ci sont classées, soit pour la création d’une réserve de bois d’énergie, soit pour protéger des sols fragiles ou encore pour préserver une végétation rare ou riche en essences de valeur.
Le domaine subguinéen est occupé, à l’état naturel, par une forêt dense demi-sèche à feuilles caduques à deux étages caractérisée par des espèces à affinité guinéenne telles que le Caïlcédrat Khaya senegalensis, le Mampatan Parinari excelsa, le Fromager Ceiba pentandra, l’Iroko Chlorophora regia, le Tomboiro Antiaris africana, le Ditakh Detarium senegalense et le Tali Erythrophleum guineense ainsi que le Palmier à huile Elais guineensis et par un sous-bois dense formé d’arbrisseaux, lianes,...

Sous l’action de l’homme, cette végétation climacique ne subsiste plus que sous forme de petits îlots reliquaires, notamment dans le Parc National de Basse Casamance. Dans l’estuaire, la végétation  climacique est toujours bien présente quoique fort dégradée ; il s’agit de la mangrove.

Différents grands types de végétation se distinguent en Basse-Casamance  :

  • la forêt dense demi-sèche décrite ci-dessus ;
  • la forêt claire. Ce sont des peuplements ouverts dont les cimes sont plus ou moins jointives. Les arbres ont une hauteur de 10 à 20 m pour un couvert de 40 à 60%. L’étage dominant comprend les espèces suivantes : le Caïcédrat Khaya senegalensis, le Linké Afzelia africana, le FromagerCeiba pentandra, le Vène Pterocarpus erinaceus, le Kapokier Bombax costatum, le Nété Parkia biglobosa, le Santan Daniellia oliveri,... Le sous-bois est généralement composé de combrétacées Combretum sp. Cette formation forestière, sous l’effet des agressions dont elle est victime (surexploitation ligneuse, défrichements agricoles, feux de brousse et surpâturage), tend à se dégrader progressivement : c’est ce qu’on appelle la "savanisation".
  • la savane arborée : les arbres et arbustes sont disséminés. La hauteur des arbres se situe entre 8 et 12 m pour une densité de couvert de 25 à 35 %. Cette formation comprend comme espèces dominantes Khaya senegalensis, Parkia biglobosa, Ficus glumosa, Elais guineensis, Borassus aethiopium, Ficus glumosa, diverses combrétacées Combretum sp.,…
  • la palmeraie : le Palmier à huile Elais guineensis est très répandu en Basse Casamance, soit à l’état isolé, soit en bouquets assez serrés. Le vif intérêt porté au palmier à huile par les populations locales en raison de ses fruits (noix, huile) et du vin de palme que l’on peut en tirer explique sa présence à proximité des villages et son extension dans les terrains de cultures. Avec l’impact de la sécheresse, une certaine régression de la palmeraie a été enregistrée, dûe tant à la baisse de la nappe phréatique, qu’à la surexploitation des sujets. Le Rônier Borassus aethiopum se comporte également très bien dans la région mais il n’a cependant pas bénéficié du même « respect » que le palmier à huile de la part des populations lors des défrichements, du fait que son bois est très apprécié dans les constructions rurales pour sa grande résistance aux termites.
  • la mangrove, présentée en détail ci-dessous, que nous retrouvons aux abords du fleuve et de ses affluents, milieu azonal dominé par les palétuviers Rhizophora et à Avicennia.

SOURCE : Plan National d'Aménagement du territoire (1985), Carte du couvert végétal, projet USAID/RSI No 685-0233, République du Sénégal

La Mangrove : définition

La mangrove est un milieu azonal, une formation ripicole pantropicale localisée caractéristique de tous les écosystèmes des côtes à delta soumises aux marées des régions intertropicales. Plus précisément, la mangrove est l’association de plantes arborescentes et arbustives caractérisée par des adaptations morphologiques et/ou physiologiques leur permettant de survivre dans un milieu instable influencé périodiquement par les eaux saumâtres ou marines. Elle se développe dans les zones où la température minimale du mois le plus froid est supérieure à 16°c  et où la salinité varie entre 0 et 90 ppt.

Les mangroves dans le monde

Les mangroves étant un milieu des régions littorales intertropicales, elles se retrouvent entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne. Elles occupent une superficie totale de 160.000 km², soit 1% des formations forestières tropicales naturelles. Le continent africain totalise 20% des mangroves mondiales. Les mangroves sont reconnues par l’UNESCO comme un habitat de valeur cruciale parmi les milieux côtiers et certaines, telles celles de la Réserve Biosphère du Delta du Saloum, sont classées comme faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité (http://www.unesco.org/mab).
limites approximatives des mangroves du monde
 

La superficie occupée par les mangroves dans le monde décroît assez rapidement, au rythme de 1.1% en Asie à 0.7% en Amérique latine et en Afrique.

Comparée aux autres types de végétations tropicales, la mangrove compte peu d’espèces végétales et toutes sont adaptées à ce milieu ultra-sélectif. C’est ainsi que se retrouvent une cinquantaine d’espèces dans les mangroves indiennes ou malaysiennes alors qu’il n’y en a qu’une dizaine en moyenne pour les autres régions du monde et seulement 7 pour l’Afrique de l’Ouest .

Les utilisations traditionnelles de cet écosystème sont restées longtemps sans grand impact sur les ressources. Ce n'est que récemment, du fait de pressions anthropiques croissantes, qu’il a commencé à subir de fortes dégradations aux conséquences plus ou moins importantes ; depuis une érosion côtière accrue à une diminution des rendements de pêche. Le développement économique des zones littorales, la conversion en bassins aquacoles ou en terres pour l'agriculture (rizières) sont les principales causes de la disparition des mangroves au niveau mondial. D'autres activités telles que le prélèvement de bois de feu pour les villes côtières ou la construction de barrages contribuent à provoquer un recul souvent irréversible de cet écosystème.

Les mangroves du Sénégal – cas de la Casamance

Au Sénégal, les mangroves occupaient en 1990 un peu moins de 300.000 ha. Celles-ci sont localisées au débouché des grands fleuves que sont le Sénégal, le Saloum et le Casamance, ce premier n’en possédant qu’une très faible part. Le taux de régression des mangroves pour l’ensemble du pays peut être estimé à 4,5 % pendant la période 1980-95. En ce qui concerne la Casamance, la mangrove aurait régressé de 10 à 50 % de sa superficie originelle  pendant les années 1970 à 1990, ce qui serait essentiellement lié à l’augmentation de la salinité qu’aggravaient par endroit les coupes abusives.

Les mangroves occupent l'estuaire de la Casamance sur environ 130.000 ha. Elles s'étendent de la frontière de Guinée-Bissau au sud jusqu'à Diouloulou au nord et occupent une bande importante sur la rive nord du fleuve qui s'amenuise après Ziguinchor pour n'apparaître que sur des îlots ou en minces rideaux le long des rives jusqu’en amont de Sédhiou. Sur la rive sud du Casamance, les mangroves sont moins étendues.
En Basse-Casamance, les données récentes de la superficie de mangroves sont lacunaires et des valeurs de 80.000 à 250.000 ha sont citées, ce qui peut s’expliquer par la définition donnée aux mangroves, c’est à dire si les tannes sont considérées comme en faisant partie ou non. Voici quelques données :
1980 : 250.000 ha
1973 : 93.150 ha
1979 : 90.750 ha
1983 : 88.750 ha

Au début du 20ème siècle, d’importantes superficies de mangroves ont été exploitées en Casamance pour alimenter en bois de chauffe et en charbon de bois la population locale mais aussi les centres urbains du pays. En 1942 par exemple, 2.500 tonnes de bois de palétuviers ont été exportés sur Dakar et 6.000 tonnes en 1943. L’exploitation était telle qu’elle permettait également l’exportation du charbon de bois vers l’extérieur : Marseille, Alger,… Les coupes pratiquées étaient des coupes étocs sur de grandes superficies (il était possible d’apercevoir Tobor depuis le port de Ziguinchor après celles-ci). Face à cette situation et compte tenu de la spécificité et de la fragilité de cette formation végétale, les mangroves ont été classées en 1945 par l’Arrêté n°3433 SE/F du 12 novembre. Elles bénéficient depuis du statut de "forêts classées".
Bien que d’autres facteurs entrent également en compte, ces coupes ont fortement dégradé la mangrove et ont marqué sa physionomie. C’est ainsi que les mangroves de la région de Ziguinchor, présentant l’avantage d’être facilement accessibles pour l’abattage, sont de taille basse avec des palétuviers au port arbustif alors que dans les régions moins accessibles, se retrouve de très hautes mangroves avec des palétuviers au port arborescent. (obs. pers). Actuellement, dans la région de Ziguinchor, les mangroves sont également affectées par :

  1. le problème de sécheresse avec ses conséquences sur l’évolution des sols dont nous parlerons plus loin;
  2. les barrages anti-sel tels que celui d’Affiniam et de Guidel. Ceux-ci ont localement considérablement diminué l’étendue de terre inondable occupée par les mangroves. En amont du barrage, l’eau devenue douce et l’arrêt de l’influence des marées ont provoqué la disparition de la mangrove. En aval du barrage, par contre, c’est l’excès de salinité due à l’intense évaporation qui est la cause de sa régression.
  3. La croix noire sur la carte 2 localise le barrage d’Affiniam. Ce barrage est opérationnel depuis 1987 et avait pour but de récupérer 12.000 ha de terres pour la riziculture. Sans atteindre cette superficie, cet ouvrage a bien sur permis de récupérer des terres mais il a aussi détruit toute la mangrove en amont visible sure la carte 2 (zone plus claire en amont de la croix).
  4. les coupes illégales ou abusives;
  5. la récolte des huîtres par la coupe des racines de palétuviers ;
  6. le défrichement de la mangrove pour l’aquaculture et la riziculture ;
  7. la pollution (notamment par les hydrocarbures)

Pendant les dernières décennies, la sécheresse et ses conséquences sur le sol ont été la cause majeure de la régression des mangroves. Entre 1969 et 1985, environ 70 à 80% des palétuviers auraient ainsi disparu. Actuellement, depuis l’augmentation de la pluviosité depuis la fin des années ’90, une reconstitution progressive a été observée sur quelques sites.

La mangrove : un écosystème particulier

Le milieu mangrove est caractérisé par des conditions physiques et chimiques très variables dans le temps. Ces variations sont dues au phénomène de fluctuation du niveau d’eau, au mélange des eaux continentales et marines, aux apports nutritifs,… Les mangroves diffèrent également des autres écosystèmes forestiers par le fait qu’elles reçoivent de grands apports de matières et d’énergie en provenance du milieu terrestre comme du milieu marin. Elles montrent un fort degré de diversité structurelle et fonctionnelle, ce qui les situe parmi les écosystèmes les plus complexes.

D’un point de vue écologique, les mangroves fournissent la matière organique à la base des chaînes alimentaires des cordons littoraux et des eaux côtières peu profondes.

La mangrove, outre son importance socio-économique, rend plusieurs "services" dont les plus importants sont  :

  1. la stabilisation et la protection des littoraux ;
  2. la modération des effets des tempêtes et des cyclones côtiers ;
  3. le maintien d’une bonne qualité de l’eau en retenant les charges alluviales et en filtrant et retenant les charges polluantes ;
  4. d’être à la base des chaînes alimentaires grâce à son importante productivité primaire et la quantité de détritus produite ;
  5. de servir d’aires de croissancs et d’alimentation à de nombreuses espèces de poissons, de crustacés et de mollusques qui profitent de la richesse alimentaire du milieu, des eaux calmes et des  nombreuses racines;
  6. de servir de support de nidification, de sites alimentaires, d’abris,… pour de nombreuses espèces d’oiseaux.
schéma simlplifié des relations trophiques dans les mangroves

La morphologie et la topographie des mangroves sont en étroite relation avec la marée. Se distinguent ainsi trois étages :

  1. l’étage supratidal avec tannes herbacées ou tannes vifs (sont appelées "tannes" les zones généralement dénudées au sol halomorphe faisant suite aux palétuviers).
  2. l’étage intertidal avec la mangrove proprement dite et les tannes inondées
  3. l’étage infratidal à vase nue

Ces dépôts de vases comportent une slikke de poto-poto (vase molle) découverte à marée basse et colonisée par la mangrove. En arrière de celle-ci, se retrouve souvent le schorre, c’est à dire les dépôts vaseux mieux égouttés, soit stériles, soit couverts d’une végétation herbacée. Les mangroves du Sénégal sont avant tout caractérisées par le rôle prépondérant que jouent la salinité et la teneur en souffre de leur sol dans la pédogenèse. Ces sols de mangroves présentent la caractéristique d’avoir un important taux de souffre sous forme de pyrite et sont appelés « sols sulfatés acides » bien que ces sols soient en réalités fort variés.
Le faciès des sols à mangrove est donc un faciès de sol hydromorphe plus ou moins évolué, organique, halomorphe,… selon l’âge de la mangrove, c’est à dire selon son niveau de maturation.


La salinité

Les mouvements du sel dans les sols de mangroves sont des phénomènes naturels résultants des caractéristiques climatiques saisonnières. Pendant la saison sèche, l’eau de la mangrove à Avicennia, très superficiellement drainée, s’évapore, augmentant ainsi la concentration en sel. Dans les tannes, c’est l’évaporation des eaux des nappes, alimentées souterrainement par la pulsation des marées, qui concentre le sel avec des teneurs beaucoup plus élevées encore.

Le transit se fait donc, en saison sèche, depuis l’extérieur vers le centre. Mais, lors de la saison des pluies, l’eau dissout le sel accumulé provoquant une circulation inverse. De plus, les importantes précipitations de l’hivernage diluent le sel et font chuter considérablement les concentrations. Les problèmes de sécheresse actuelle modifient ce schéma provoquant une sursalinisation pouvant se manifester par des dépôts solides. Depuis 1972 est également constatée une forte augmentation des eaux libres.

Schéma simplifié des mouvements de sels au niveau des berges des bolongs


L’acidité

Le pH normal des mangroves est proche de la neutralité avec des variations saisonnières. De manière simplifiée, nous pouvons dire que le pH est sous l’influence de l’alternance saisonnière d’engorgement et de dessiccation qui modifie le potentiel d’oxydo-réduction, favorisant alternativement l’un ou l’autre phénomène.
En période engorgée, la réduction affecte le fer des particules et des grains de quartz SiO2 ainsi que le souffre des sulfates déposés avec les sédiments sous l’effet de l’évolution anaérobie de la matière organique des vases des mangroves à Rhizophora. Les produits de la réduction, les sulfures de fer et la pyrite Fe2S, s’accumulent au niveau racinaire des Rhizophora et atteignent des concentrations de 5 à 6%. Le système racinaire d’Avicennia, traçant, n’a quant à lui pas cette particularité.
En saison sèche lorsque le niveau de la nappe baisse, une partie des sulfures est oxydée en acide sulfurique faisant baisser le pH parfois de manière importante : jusqu’à une valeur de 3 à 2 lorsque le sol est sec. Cette acidification, très faiblement neutralisée car le milieu contient peu de bases, augmente de la mangrove externe vers les tannes et sera lessivée par les pluies où le phénomène de réduction va recommencer et ainsi de suite. Ces sols ont donc une importante acidité potentielle.

Comme pour la salinité, le problème de la sécheresse a modifié ce schéma et provoqué une acidification accrue. La baisse du pH entraîne la libération d’aluminium par les argiles  qui peut repasser dans l’eau libre, abaissant davantage leur pH et pouvant exercer une action phytotoxique non négligeable. La salinité, l'acidité et la toxicité alumino-ferreuse constituent les principales contraintes des sols sulfatés acides qui peuvent de la sorte devenir stérile.
De la jarosite MFe3(SO4)2(OH)6 (avec M : cations divers) et, dans une moindre mesure, du gypse CaSO4.2H2O peuvent également se retrouver dans le milieu suite à l’oxydation de la pyrite. Ces composés sont associés à une acidité importante mais, dans les zones soumises à l’influence quasi-permanente de la marée comme le bras principal du Casamance, l’acidité résultant de l’oxydation de la pyrite est rapidement neutralisée par les apports d’eaux marines. En amont de ces zones, par contre, l’acidité se développe sans neutralisation possible .

Après ces dernières décennies "sèches", il apparaît donc aujourd’hui que l’acidité, si elle est toujours potentielle dans les mangroves et spectaculaire à ses débuts, est aujourd’hui masquée par une salinité extrême qui affecte tous les niveaux des bassins fluvio-marins avec parmi les conséquences les plus visibles :

  1. au niveau des vasières : un rétrécissement de la mangrove à Rhizophora sur les bras principaux et sa disparition presque totale sur les bras secondaires; son remplacement par une mangrove à Avicennia mieux adaptée à l’excès de sel bien qu’elle soit parfois elle aussi atteinte de mortalité massive.
  2. au niveau des tannes : une augmentation considérable des surfaces hypersalées et stériles : les "tannes vives" développées aux dépends de la mangrove.
  3. au niveau des rizières de mangroves : l’abaissement de la nappe d’eau douce et sa contamination par les nappes salées ont comme première conséquence une salinisation et un abandon de la riziculture. L’intrusion du front salin atteint parfois même la palmeraie qui présente alors une forte mortalité.

Flore

Les forêts de mangroves ont une structure relativement simple, le nombre de strates étant la plupart du temps réduit à une seule. Les mangroves sénégambiennes sont des mangroves de type "atlantique", caractérisées par leur pauvreté en espèces végétales, soit 6 espèces de palétuviers pour tout l’Ouest africain : Rhizophora harrisonii, Rh. mangle, Rh. racemosa (les palétuviers "rouges"), Avicennia nitid (palétuvier "noir"), Conocarpus erectus (palétuvier "gris")et Laguncularia racemosa (palétuvier "noir").
La mangrove étant un milieu très sélectif, les espèces qui la peuplent possèdent des adaptations très poussées qui leur sont propres. La salinité, la profondeur de l’eau et la force de la houle sont les principaux facteurs limitants de ce milieu et chaque espèce de palétuviers a ses exigences propres et ses limites vis-à-vis de chacun d’eux. Les palétuviers sont des végétaux halophytes facultatifs mais, dans les eaux douces, une végétation mieux adaptée prend le dessus. Les palétuviers ont développés des systèmes d’adaptation aux milieux salés :

  1. la tolérance aux très fortes concentrations en sels dans la sève, une pression osmotique élevée permettant une alimentation en eau correcte;
  2. l’excrétion active du sel par les racines et les feuilles (Avicennia) grâce à des cellules spécialisées qui contrôlent cette hypertonie cellulaire ou encore l’excrétion passive par l’accumulation du sel dans les feuilles âgées avant leur chute;
  3. une cuticule épaisse et coriace, un contrôle de l’ouverture de leur stomate et de l’orientation de leurs feuilles pour limiter la perte en eau douce ;

Les sols étant engorgé d’eau la majeure partie du temps, ils sont de ce fait anaérobies. Ce problème de l’anaérobie du milieu est résolu par la présence de racines aériennes (rhizophores et pneumatophores) spongieuses possédant de nombreuses lenticelles facilitant ainsi les échanges gazeux.

Les Rhizophora (Rhizophoridae), ou palétuviers rouges, sont des palétuviers caractérisés par leurs nombreuses racines « échasses » aériennes en forme d’arches, les rhizophores, issues du tronc ou des  branches. Ces racines, fortement subérisées et imperméables permettent d’une part l’encrage et la stabilité de l’arbre dans un milieu vaseux et d’autre part une respiration optimale. Les Rhizophora supportent une salinité de 0 à 65 g/l. Les fruits sont appelés des propagules et sont vivipares, la plantule se développant avant la chute du fruit en se servant de celui-ci comme support.

Avicennia nitidae (Verbenaceae), ou palétuvier blanc,  est un palétuvier de plus petite taille au feuillage gris-vert. Cette espèce possède un tronc unique d’où rayonnent des racines traçantes dont les nombreux pneumatophores, à géotropisme négatif, forment un tapis continu sous le peuplement dépassant les sédiments d’un vingtaine de cm. Ces racines aériennes à port de stalagmite possèdent de nombreuses lenticelles assurant les échanges gazeux. Les feuilles excrètent le sel et en sont de ce fait souvent couvertes. Avicennia supporte des salinités plus élevées que les Rhizophora, jusqu’à 90 g/l, ce qui explique sa position dans la zonation des mangroves. 


De gauche à droite : feuilles d'Avicennia avec excretions salines, pneumatophores, rhizophores et propagules de Rhizophora.

Dans l’ensemble, les palétuviers sont de taille moyenne avec une hauteur de 2 à 15m, Rhizophora racemosa étant le plus grand, certains pouvant atteindre 30 m comme il est possible de le voir par endroit sur la rive gauche du Casamance entre Kaffoutine, Kalissaye et le marigot de Diouloulou (Manay com. pers., obs. pers.). Chez les palétuviers, l’hydrochorie est de règle, l’eau assurant la dispersion des propagules et des fruits qui peuvent résister à la dessiccation et entrer en dormance pendant plusieurs semaines ou mois jusqu’à rencontrer les conditions optimales de croissance.

Des berges au rebord des plateaux ou des terrasses, il existe une zonation caractéristique de la végétation liée à la topographie, à la fréquence des submersions, soit par les marées, soit par les pluies et donc à la salinité. Il existe différents types de séquences propres à chaque région et qui peuvent évoluer dans le temps avec les conditions climatiques.
En Casamance, avant la sécheresse, la séquence type était :

  1. une étroite bande de Rhizophora racemosa (2-5m) ;
  2. une bande très large de Rhizophora mangle (30-50m) plus petit en taille que Rh. Racemosa ;
  3. une bande plus ou moins large dans laquelle se retrouvent associés Rh. Mangle et surtout Avicennia nitida (plus tolérante au sel) (20-30m) ;
  4. une bande plus étroite (5-10m) d’Av. nitida avec un tapis de Sesuvium portulacastrum, s’éclaircissant vers le tanne et faisant limite avec le tanne vif ou le tanne herbacé.


Coupe schématique de la mangrove casamançaise (Sow et al., 1994)

Actuellement, principalement suite aux problèmes de sécheresses des dernières décennies, cette séquence-type est rare et, en 1985, elle ne se trouvait déjà plus que sur la rive gauche du fleuve ou encore dans la vallée de Kamobeul. C’est la bande à Rhizophora sp., plus sensible qu’Avicennia à la salinité, qui a été la plus atteinte. Reste à leur place une zone de tanne inondée ou une mangrove dégradée.

Les mangroves de la Casamance sont donc maintenant composées en grande partie de seulement deux espèces: Rhizophora racemosa et Avicennia nitidae. La première, parfois absente, constitue des peuplements à peu près purs en bordure des marigots. Dès que l'on atteint des sols moins humides et plus sablonneux l'Avicennia constitue l'essentiel des mangroves. Elle envahit aussi les rizières abandonnées soumises à l'influence des marées. Des arbustes buissonneux, caractéristiques des sols salés, notamment Conocarpus erectus, se trouvent aux lisières des terres fermes qui font suite aux mangroves.                         
C’est ainsi que la plupart des mangroves autour de Ziguinchor se présentent avec une étroite bande de Rhizophora, parfois non continue, derrière laquelle s’étend une très large bande d’Avicennia et les tannes.
mangrove de Ziguinchor

 
Faune

La mangrove est un milieu très  productif. La productivité primaire des arbres de mangroves par unité de surface est estimée à sept fois supérieure à celle du phytoplancton côtier . Cette importante productivité primaire est essentiellement liée à un turn-over élevé de la matière organique fournie par la litière. Les productions algales issues des processus de minéralisation de la litière ou des apports nutritifs d’origine océanique et continentale sont très importantes et représentent la base de tout un réseau trophique complexe. Cependant, toute cette production est difficilement accessible à la faune terrestre. On ne retrouve donc dans les mangroves qu’une faune paludicole, nageuse, arboricole ou volante. De ce fait, alors que l’avifaune est abondante et diversifiée, les mammifères par contre sont très peu représentés dans ce type d’environnement. La faune benthique et l’ichtyofaune sont composées d’espèces marines euryhalines qui peuplent la zone la plus salée et d’espèces saumâtres qui leur succèdent vers l’amont quand la mangrove devient discontinue. La faune des mangroves est caractérisée par un nombre relativement peu élevé d’espèces dont les populations présentent de gros effectifs donc une biomasse importante.
Uca sp.

Le milieu mangrove se caractérise par une forte hétérogénéité spatiale grâce aux importants entrelacs formés par leurs racines échasses et pneumatophores, ce qui constitue un habitat de choix à de nombreux mollusques parmi lesquels Crassostrea gasar, Brachidontes niger, Chihamalus rhizophorae, Tympanotonus fuscatus,… et des crustacés dont Uca tangeri, Sesarma elegans, Cardisoma armatum,... Ces deux derniers groupes sont, en termes de biomasse, les animaux les plus importants.

Cet habitat constitue également une importante zone de frai pour beaucoup d’espèces de poissons et offre de nombreuses ressources alimentaires aux alevins, constituant ainsi une véritable nurserie. Il assure également une protection contre les prédateurs et amorti les perturbations physiques liées à l’activité hydrodynamique des marées. Au niveau de la faune ichtyologique, les eaux saumâtres tropicales sont essentiellement composées par des espèces euryhalines à affinité marine mais aussi, dans une moindre mesure, par des espèces dulcicoles qui pénètrent dans les eaux peu salées. Les poissons marins tropicaux sont moins sensibles aux variations de salinité que les espèces dulcicoles généralement très sensibles. L’importance de l’écosystème mangrove pour les espèces marines tropicales est incontestable puisque plus de 80% de celles-ci séjournent à un moment de leur vie dans les estuaires de ce milieu
Paradoxalement pour de telles zones humides, l’herpétofaune est peu représentée. Alors que des reptiles tels que les crocodiles, tortues, serpents, varans,… sont ou étaient présents, les amphibiens eux sont inexistants . Ce dernier groupe est d’ailleurs très peu représenté au Sénégal puisque seule deux espèces d’Anoures sont connues.

De nombreuses espèces d’oiseaux exploitent ce milieu même si elles ne s’y nourrissent pas toujours. La mangrove est alors utilisée comme support pour la nidification, comme abri ou encore comme perchoir pour la nuit ou lors des marées hautes. La liste complète des espèces d'oiseaux des mangroves dans chaque région biogéographique comprend entre 150 et 250 espèces. Dans le monde, 65 d'entre elles sont cataloguées comme menacées ou vulnérables.

Contrairement à la flore, le milieu mangrove ne présente aucune espèce animale qui lui est inféodée. En effet, même les espèces les plus remarquables comme les oiseaux d’eau, le Lamantin Trichechus senegalensis, le Crabe violoniste Uca sp, les périophtalmes Periophtalmus sp.… sont capables d’exploiter d’autres milieux.

Periophtalmus variatus - mangroves de Colobane

Intérêts socio-économiques de la mangrove

Alors que les mangroves ont longtemps été considérées comme des milieux inhospitaliers, insalubres et improductifs, elles commencent aujourd’hui à être reconnues d’utilité publique car présentant des intérêts tant sur le plan écologique qu’économique. Elles remplissent en effet des fonctions multiples dans l’écosystème et fournissent de nombreux produits en quantité aux populations locales et ce depuis toujours.
Parmi ces produits ou ces utilisations directes, citons :

  1. la production de bois de feu, de construction ou encore d’art. Le bois de palétuviers est un bois nerveux, remarquablement solide et exceptionnellement durable avec cependant une tendance à se fendre au séchage. Comme bois de feu, il présente l’avantage de brûler en donnant une chaleur uniforme tout en produisant peu de fumée. D’après les inventaires effectués en 1984, la mangrove de Basse-Casamance présentait un volume sur pied de bois de service (perches de constructions) et de bois de feu d’environ 50 m³/ha, auquel l’on pouvait ajouter 15m³/ha de bois mort sur pied, d’où une possibilité d’un peu plus d’un m³/ha/an, si cette formation était aménagée. Ces données ont très probablement évolué à la baisse au vu de l’état de dégradation actuel de la mangrove. Alors que dans de nombreuses régions à mangroves du monde, une sylviculture précise se développe, la sylviculture de la mangrove sénégalaise et même africaine n’en est qu’à ses débuts et, par conséquence, ces mangroves ne font l’objet d’aucune gestion forestière à grande échelle.
  2. l’utilisation pharmaceutique. Les feuilles, racines et graines de palétuviers entrent dans bon nombre de préparation thérapeutique, notamment contre les céphalées, les maux de ventre, pour la cicatrisation,…
  3. les produits animaux : les poissons, crabes, crevettes, langoustes, huîtres, pagnes,…
  4. l’apiculture
  5. la riziculture de mangrove et la pisciculture
  6. la production de sel
  7. le tanin, extrait de l’écorce des bois de palétuviers et utilisé pour la tannerie, la teinture et pour préserver les filets de pêche